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Stress hydrique et thermique : les maïs sous surveillance

Les maïs viennent de subir un épisode de stress hydrique et thermique combinés, avec des symptômes plus ou moins marqués selon les dates de semis et les contextes pédoclimatiques : enroulement des feuilles en journée uniquement, ralentissement de croissance, hétérogénéité et dessèchement des feuilles basses, floraison accélérée. Par endroits, des feuilles grillées sont constatées quand d’autres maïs ne semblent pas avoir subi de stress. Parfois une parcelle peut présenter tous ces profils de maïs.

Le niveau de stress subi devrait impacter le rendement de l’ensemble des maïs même avant floraison. Mais le potentiel de perte de rendement ne sera pas le même partout. Les parcelles capables de reverdir le matin, avec un feuillage supérieur encore vert et une croissance qui repart après pluie, conservent une capacité de récupération. En revanche, les maïs proches de la floraison entrent dans la période la plus sensible pour le potentiel de rendement et de valeurs alimentaires : un déficit hydrique persistant et thermique peut créer un décalage entre la floraison mâle et la floraison femelle, réduire la fécondation puis augmenter le risque d’avortement des grains. Le risque principal est donc une baisse de rendement, mais aussi une teneur en amidon plus faible pour les maïs ensilage.

Il ne faut pas tirer de conclusion hâtive ni décider d’un ensilage précoce à ce stade. Repérer dès maintenant les parcelles les plus fragiles selon le type de sol, le stade, l’intensité de l’enroulement des feuilles le matin et la présence de feuilles vertes au sommet. Poser des jalons à des endroits stratégiques pour mieux identifier l’évolution des plantes. À la floraison, surveiller la sortie des soies, la synchronisation avec le pollen et l’état du feuillage. Selon les observations, il peut être prudent d’actualiser dès maintenant le bilan fourrager avec plusieurs scénarii de rendement et d’identifier les leviers possibles : sécurisation de stocks, surfaces à récolter, cultures dérobées ou achats éventuels, stockage de céréales supplémentaires pour palier à une baisse possible de la valeur alimentaire. Le retour de pluies utiles dans les prochaines semaines et le niveau réel de stress thermique à venir resteront déterminant pour la production finale.

Reste qu’avec des semis généralement plus précoces cette année et un bilan thermique nettement supérieur à la moyenne, la récolte en ensilage de maïs 2026 devrait être la plus précoce jamais connue dans le département.

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